27/08/2013

ARRESTATION à TOURNAI, GRAND PLACE ...

Que vient faire dans ce blog de notre régionale Tournai de l' I.P.A., cette mention d'une arrestation à Tournai, Grand Place à la Halle-aux-Draps, la nuit du ... 14 au 15 septembre 1943 ? Certes, l' "International Police Association" n'a pas encore été créée mais ce qui nous raccroche aux faits, c'est que les neuf personnes interpellées sont des membres de la "Garde rurale communale" qui sont communément appelés des "agents de police ... supplétifs". Alors, voici le court récit de ce début de nuit assez inoubliable.

Composition de l'équipe de nuit - 9 hommes : Potée Edmond, chef communal de la Garde rurale - Comène Georges, rue de la Marnière 7bis - Wallez Raymond, chaussée d'Audenarde 86 - Mourman Fernand, chemin du Moulin de Marvis 5 - Bekers Maurice, rue de la Ture 22 - Deffresnes Arthur, rue des Sports 57 - Delvigne Léopold, boulevard Lalaing 3 - Dubart Henri, rue de la Marnière 32 et Delbart Jacques, rue Aimable Dutrieux 60.

Le service devait commencer à 23H.30 cette nuit du 14 au 15 septembre 1943.

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Au centre : Halle aux Draps (drapeaux)

Relation des faits - Le chef du groupe Monsieur Edmond Potée est arrivé à la Halle-aux-Draps vers 23H.20 ; s'y trouvait déja et attendait devant la porte d'entrée, le personnel mentionné ci-dessus sauf Jacques Delbart. La porte a été ouverte et tout le monde est entré pour l'appel et la distribution des tâches. Mr Potée était occupé à distribuer le matériel quand, tout-à-coup, deux coups de feu retentirent à l'extérieur. Les jeunes gens - les "supplétifs" - furent invités à ne pas bouger pendant que leur chef d'équipe se hasarda à l'extérieur. Il entendit alors une voix, ordonnant à une personne de marcher cinq pas devant. N'étant pas armé, Mr Potée rentre et se remet à commander son service.

Quelques secondes plus tard, il est tout juste quelques minutes après 23H.30 lorsqu'un individu, révolver au poing, fait irruption dans la salle. Il est suivi de Jacques Delbart, rue Aimable Dutrieux 60, huitième membre de l'équipe de nuit ; Jacques venait de se faire arrêter le tout premier, du fait qu'il était sur le chemin, venant prendre son service au moment de l'incident. L'individu armé a ordonné à tout le monde de mettre "Haut les mains".

Le chef Edmond Potée s'est alors avancé vers lui et a demandé qui il était. Cet inconnu a dit qu'il était de la "Feldgendarmerie". Il prit toutes nos cartes d'identité sauf celle du chef Potée. Tout le monde fut emmené sauf ce dernier à qui, quelques minutes plus tard, l'inconnu de la "Feldgendarmerie, toujours menaçant, l'obligea à le suivre dans un café voisin "Le Carillon", Grand Place. Là, à une table étaient assis notamment, le directeur de la Werbestelle Mr Schumacher et Monsieur Platteau. Mr Potée, en possession de toutes les pièces administratives de son service, fut conduit devant ces prénommés. Une vérification commença par une comparaison des pièces d'identités avec les noms repris sur la liste de nuit. Ensuite, Mr Potée fut questionné sur l'identité de ses hommes d'équipe, sur le fonctionnement du service de la "Garde rurale" et sur les raisons de l'arrivée vers 23H.25 des jeunes gens. Ils semblèrent satisfaits des réponses.

Pendant toute cette scène, un révolver se trouvait sur la table près de Platteau ; les jeunes gens étaient maintenus rassemblés dans un coin près de la porte d'entrée.

Un nommé Léon Bau, meunier à Ere, s'attaqua ouvertement à Léopold Delvigne et le menaça à plusieurs reprises de l'abattre si, la prochaine fois il n'obtempérait pas à ses ordres. Quelques instants plus tard, deux membres de la "Feldgendarmerie" dont un en civil, arrivèrent et fouillèrent toute l'équipe de nuit. Ils firent ensuite deux voyages en voiture pour emmener tous les jeunes gens au boulevard Léopold près de l'angle de la chaussée de Lille, à la prison installée dans l'école, par les Allemands. Mr Potée reçut l'ordre d'accompagner ses hommes mais, sur intervention de Platteau, il fut remis en liberté à condition de se tenir à leur disposition.

En finalité, d'autres précisions nous apprennent que, en plus des membres de la Garde rurale arrêtés, il y avait dans le café à ce moment-là, Platteau, Bau. de Ere, Gisèle Del., René Gee., porteur du révolver au poing et auteur des coups de feu (début du récit), le patron du café et sa femme, le garçon de café, deux jeunes femmes inconnues, un jeune homme de 20 à 25 ans, une fillette, un homme assez âgé, une femme de ménage, le directeur de la Werbestelle Schumacher et son adjoint Maus.

Il ne semble pas que ces membres de la Garde rurale furent maintenus.

Référence : Copie d'un rapport du Chef communal de la Garde rurale - 16 septembre 1943

C'était un petit coup d'oeil sur notre histoire locale "policière" pendant la guerre 40-45.

F I N

Commentaires

Si ma mémoire ne me trahit pas et si ce n'est pas un homonyme, Edmond Potée était le mari de Julienne Tranchant dont le frère François époux de Marie Ratte était membre de la police tournaisienne à cette époque. Edmond Potée et son épouse avaient un fils Louis, handicapé, Edmond Potée est, par la suite, entré à l'armée...Pour info;

Voici un article intéressant qui remémore des souvenirs d'une période (plus que) troublée

Écrit par : serge | 10/09/2013

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Merci pour cette info intéressante que je ne connaissais pas. Apparemment, ce nom "Potée" n'existe plus à Tournai. -- Amicalement.

Écrit par : jacques DE CEUNINCK | 11/09/2013

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