07/10/2012

L'AFFAIRE DES FAUX "BREUGHEL", UN SUJET ... POLICIER QUI "FRAPPA" LA PRESSE

L'affaire des faux "Breughel": Avant la lecture du texte ci-après, un petit rappel : Pieter BREUGHEL ou BREUGEL l'Ancien - il y eut d'autres "Breughel" de la même famille - est un peintre flamand, né à Bruegel (?), petite localité près de la ville de Bréda en Hollande vers 1525 et décédé à Bruxelles le 9 septembre 1569.

Pourquoi parler du peintre Breughel dans ce blog consacré à l'IPA - régionale Tournai  ? Deux à trois membres de l'IPA, donc des policiers communaux de Tournai de la rue de l'Athénée, y furent mêlés de très près. Immédiatement ci-dessous, les deux tableaux en question dont les originaux se trouvent au "Kunsthistorisches Museum" à Vienne, Autriche. Ces deux tableaux originaux, des huiles sur bois, ont une dimension de 164/114cm et sont généralement connus sous l'appellation : "Repas de noces" et "Danse paysanne"

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Les faits, qui seront racontés aux 4 journalistes de la presse locale le 29 avril 1986 vers 17 heures, semblent s'être passés la nuit du 28 au 29 avril 1986 à TOURNAI, rive droite de l'Escaut au Pont des Trous ; une patrouille de notre police y a découvert une camionnette verte de marque Audi, avec plaque autrichienne. Le véhicule, sans aucun occupant, n'était pas fermé et deux tableaux (voir ci-dessus) y furent découverts et ramenés au commissariat de la rue de l'Athénée. Ils furent remisés très momentanément à la "Brigade judiciaire de la police", dans un bureau du 1° étage, mitoyen de celui du Commissaire Leroy, sur le dessus de deux armoires afin d'éviter une dégradation éventuelle. Vous savez , ces hautes armoires métalliques des bureaux des administrations.

Autre détail qui pourra vous intriguer - Pourquoi raconter cela ? : J'ai cette chance d'être à l'aise dans le domaine de la ... caricature, (hein, les collègues, vous vous souvenez ?) le dessin d'après nature et la peinture à l'huile. J'ai toujours admiré les peintres dits flamands, en particulier du 17° siècle : les Breughel, Teniers etc. C'est ainsi que je peignis en 1981 et 1982, une copie, que j'ose dire très ressemblante, sur toile (dimensions 100/80 cm) des deux tableaux mentionnés et visibles ci-dessus. Au bas à droite, j'inscrivis "Pieter Breughel - 1525-1590 - Kunsthistorisches Museum - Vienne" et à côté ma signature : infos destinées au visiteur spectateur éventuel, ces copies étant à mon domicile.

Acte 3 : A la demande de quelques collègues, désireux de voir mes tableaux, je décidai de les ramener au bureau ... au 1° étage, à mon bureau à la "Brigade judiciaire", mitoyen à celui du Commissaire Leroy ; Ils furent placés sur deux armoires afin d'éviter une dégradation éventuelle. ( NB : vous venez de lire les mêmes phrases deux paragraphes plus haut ! )

Acte 4 : Tout était donc ainsi en place ... non pour continuer la soit-disant enquête qui n'avait pas lieu d'être, mais pour monter un canular à nos amis les journalistes des trois journaux locaux et d'une radio libre de Tournai. Vous devinez que le scénario fut vite élaboré. Chers visiteurs de ce blog, vous relisez les paragraphes ci-dessus et vous en saurez les détails.

Le policier de l'accueil, celui qui est dans "l'bocal" comme on disait à l'époque, ce jour-là, c'était Jean-Claude M., qui, à 17 heures, fit monter les 4 journalistes au bureau du CAI. Edmond Leroy. Jean-Claude avait, préventivement, mis l'eau à la bouche des journalistes en lâchant quelques bribes de phrases, telles "nuit passée ... trouvé des tableaux anciens peut-être volés" " Une camionnette verte autrichienne" etc etc. J'entendis leurs pas précipités dans les deux volées d'escaliers. Le commissaire leur donna les quelques sujets habituels (accidents etc.) à paraître le lendemain mais, rapidement, j'entendis les mots "tableaux volés ?" etc. "Et le commissaire qui répondait : " "Faut voir Jacques ! Les tableaux sont à son bureau !"

Acte 5 : J'accueillis quelques secondes plus tard nos quatre amis : Marc, André, Jean-Pierre et un journaliste de F.M.Tournai dont j'ai oublié le prénom. Vous devinez leur étonnement, ... mêlé d'admiration ; ils prirent place à table et commencèrent à écrire sous ma dictée. Je me suis dit que la blague allait être découverte dans quelques secondes. Je répétai ce que vous, chers lecteurs du blog, savez déjà. Comme je vis que cela marchait, je proposai de leur communiquer - si ça les intéressait - ce que je savais sur Pieter Breughel, sur sa vie, sa famille, sur ces nombreux tableaux (J'avais acquis une importante docu et visité plusieurs fois le Musée des Beaux-Arts à Bruxelles). Toujours avides de nouvelles infos, chacun notait à qui mieux mieux. Sept à huit minutes s'étaient ainsi passées. Il fallait que j'arrête, étant devenu à court de détails "breugheliens". Je reçus un merci grand comme ça pour ce "sujet en or et inhabituel". Les quatre "mousquetaires" allaient quitter mon bureau et je me suis dit qu'il fallait maintenant leur révéler le canular. Au même moment, André, le plus âgé, s'approcha d'une des deux armoires - la base du tableau était à environ 1,80 de haut - et me dit : "Mais, ce tableau, il paraît assez neuf !" Je lui rétorquai que les spécialistes des musées, comme ceux du Kunsthistorisches Museum, étaient des maîtres en la matière. Notre André C. - qui nous regarde maintenant depuis de nombreuses années, comme on dit, de tout en haut - pour ceux qui y croient ! - fin renard, se haussa sur la pointe des pieds et, surpris, s'écria : "Mais, il y a une signature en bas "J. De Ceuninck" ! Qu'est-ce que c'est que cette histoire-là ? Ses trois autres collègues firent un "demi-tour à droite" si parfait qu'on en vit rarement à l'Armée belge et s'approchèrent.

Acte 6 : Un immense éclat de rire de leur part et aussi des autres bureaux de l'étage, tout le monde étant au courant. Vraiment "fair-play", ils me félicitèrent pour ce travail de peinture. Et, ils redescendirent vers la sortie. Je fus avisé par notre policier du "bocal" que la presse allait préparer quelque chose, quelque chose de gentil naturellement.

Le lendemain, on me demanda si j'avais lu les trois journaux : Le Courrier de l'Escaut, le Nord-Eclair, La Dernière Heure. Je lus ce que vous allez découvrir ci-dessous :

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FIN